Journée de la branche de l’ASDB/VSG 2018 à Berne

La 35ème journée de la branche ASDB/VSG à Berne s'est achevée avec succès .

Courage de divertir la clientèle

« La branche de la distribution des boissons en pleine mutation : Défis et chances » était la devise de la 35ème journée de la branche ASDB/VSG. La salle de l’hôtel Bellevue Palace, à Berne, était bien remplie lorsque le président, Alois Gmür, dans son allocution d’ouverture, exposa ses présages fondamentalement positifs. L’évolution économique est à la hausse, le tourisme gagne de l’essor et quelques malheureuses interventions visant à accroître la réglementation ont pu être écartées. L’orateur Gmür pense que l’initiative sur l’eau potable couve la chance de pouvoir souligner la qualité et la naturalité de l’eau indigène.

Trois orateurs ont exposé le thème du jour partant de différentes approches. C’est tout d’abord Stefan Suter, CEO de la source d’eau minérale Bad Knutwil SA qui démontra comment un producteur régional peut tirer parti de ses atouts. Suter mise sur la marque et le régionalisme. Son eau minérale vient de la Suisse centrale où elle est principalement vendue dans un rayon de 70 km à compter à partir de la source. La mercatique et la publicité sont principalement basées sur le régionalisme et la qualité. Des produits innovants et des employées et employés motivés sont, selon lui, primordiaux pour l’attachement de la clientèle à l’entreprise. Monsieur Suter rejette sciemment et en ces termes la compétitivité des prix face aux importations à bas prix : « il y a toujours quelqu’un qui est meilleur marché ». Son entreprise a toutefois commencé à s’étendre au-delà de la Suisse centrale, pour atteindre notamment le plateau seelandais incluant la ville de Berne, mais aussi en direction de Zurich. « Nous sommes la source minérale la plus proche de Zurich » dit Monsieur Suter.

Peter Sagasser, directeur sociétaire de la société de distribution Sagasser Sàrl de Coburg dans la région bavaroise témoigne d’une évolution de toute autre dimension dans son entreprise. Cette entreprise familiale réalise à Bayern et à Thüringen, avec ses 700 employées et employés affectés à près de 100 marchés réalignés et 200 marchés de coopération, 121 millions d’Euro de chiffre d’affaires (2017). Monsieur Sagasser commercialise 2500 différentes sortes de bière, provenant en particulier des 600 brasseries franconiennes, locales, 1800 articles sans alcool et 3000 articles tels que du vin, des champagnes, des spiritueux et des breuvages mixtes. Les emballages à usages multiples jouent un rôle particulièrement important puisqu’ils représentent 90 pourcents, en chiffre rond, de l’ensemble des emballages sur le marché. Monsieur Sagasser parle de nombreux points communs : le régionalisme et la renonciation volontaire à la coopération avec les grands groupes – qu’il s’agisse de canaux de commercialisation ou de fournisseurs. « Il faut avoir le courage d’accéder aux créneaux » dit Peter Sagasser et « disposer d’employées et employés capables de persuader la clientèle en lui expliquant pourquoi telle ou telle bière n’est pas dans notre assortiment ». La personnalité est plus durable que le capital et une entreprise moyenne bien ancrée dans la région peut très bien en tirer profit. Monsieur Sagasser mise aussi sur sa marque et sa continuité tout en précisant que cette dernière doit, dans un marché aux changements incontrôlables, être atténuée au profit de la créativité. Il pense ici concrètement à la digitalisation.

Le publiciste de l’année 2017, Dennis Lück de l’agence de publicité Jung von Matt Limmat présenta ouvertement aux participants son secret pour avoir du succès. Il ne veut pas simplement faire de la publicité mais entretenir. « La publicité n’est pas consommée bénévolement » dit Lück. C’est la raison pour laquelle vous devez gagner le spectateur. À l’aide de deux spots circonstanciels, Monsieur Lück démontre comment tout deux tentent de prouver que la bière unit les hommes. Un des deux spots de la Sté Feldschlösschen est plaisant alors que le deuxième de Carlton Mid a déclenché un éclat de rire général dans la salle. « Brandertainment » la combinaison de la marque « Brand » et entretien « Entertainment » attise l’attention, selon lui. Monsieur Lück est persuadé que la créativité n’est pas une question de budget et en a fait la preuve à l’aide de nombreux exemples, entre autres issus de la branche de la distribution de boissons. Monsieur Lück travaille avec des règles de créativité qui le mettent, lui et son équipe, sur la « catapulte » des idées dont six ont été énoncées au cours de cette conférence : « Améliores le monde » selon le concept d’Ali Cola, une boisson au cola, vendue dans six teintes différentes et qui ont toutes le même goût. Le fabricant joue ainsi sur les différentes couleurs de peau des humains – et le fait qu’ils sont tout de même identiques. Pour monsieur Lück, un autre point tout aussi important, c’est de « faire du problème une solution » : Un film a été tourné pour un cognac qui nécessite une maturité de cent ans, avec des stars dans les principaux rôles ; il sera présenté dans cent ans. Le facteur de plaisir a été géré par monsieur Lück avec un « Rin Bingo » un jeu destiné au hockey club de Davos avec lequel il est possible de gagner des bons en misant sur le bon endroit dans la bande située en bordure de la patinoire, là où les joueurs se « crachent ». « Les gens ne sont pas questionnés à l’aide de publicité, mais avec le divertissement », dit Lück. La créativité implique parfois le courage, précise monsieur Lück. Pourtant « la créativité c’est le pouvoir ».

Un délectable repas de midi a ensuite arrondi cette journée 2018 réussie de la branche.

Dominik Feusi